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Great Compositions/Performances: La Prière (avec ça signification Chretienne)- Georges Brassens (1965)



À l’émission “Douce France“, le 4 janvier 1965.
Un poème de Francis Jammes:  Great Compositions/Performances:
La Prière – Georges Brassens (1965)

LA PRIÈRE
Mélodie
Brassens a utilisé deux fois la même mélodie, d’abord sur le poème d’AragonIl n’y a pas d’amour heureux, puis sur celui de Francis Jammes, La prière.
Il s’en est expliqué dans une interview où il raconte qu’au XIXème siècle circulaient des mélodies de base (un peu comme pour le blues en jazz) sur lesquels les chanteurs pouvaient faire coller les paroles qu’ils avaient composées. Ces mélodies passe-partout s’appelaient des “timbres”. 
Les timbres ont été utilisés jusque dans les années 50 en France, notamment par les chansonniers du Grenier de Montmartre (sur Paris Inter) qui écrivaient ou même improvisaient des couplets d’actualité sur des airs standards, dont le public reprenait les refrains. 
Mais voyant que ce qu’il avait cherché à ressusciter était mal compris, (“Qui c’est ce flemmard qui nous sert deux chansons sur le même air?”) Brassens ne renouvela pas l’expérience.
[contact auteur : Henri T.] – [compléter cette analyse]
Complément
Maxime Le Forestier a fait remarquer l’ironie de cette situation: les deux seuls textes que Brassens a dotés d’une même musique sont l’un du très communiste Aragon et l’autre du très catholique Francis Jammes.
[contact auteur : Didier Bergeret]
Calvaire
A l’origine, le poème de Francis Jammes Les mystères douloureux(1905), comportait 5 couplets :
1- Agonie
2- Flagellation
3- Couronnement d’épines (supprimé par G.B.)
4- Portement de croix
5- Crucifiement
Dans le 3) (Couronnement d’épines), F. Jammes réfléchissait sur son sort de poète et cherchait vers le Christ son inspiration. 
“Par le poète dont saigne le front qui est ceint des ronces des désirs que jamais il n’atteint : Je vous salue, Marie
Il faut savoir que Jammes était résolument chrétien, particulièrement en 1905, où il s’était de nouveau adonné à la pratique religieuse. Il est intéressant de remarquer que GB, loin d’être un fervent catholique, a néanmoins choisi de chanter une prière particulièrement pieuse.
Le couplet “Invention de Notre Seigneur au Temple”, est écrit quant à lui par GB en personne. Ce titre est probablement choisi pour indiquer que ce couplet est une contribution de GB au poème. Contribution assez ironique toutefois, puisque GB se compare à “Notre Seigneur” (sous-entendu le Christ). De la même façon que Jammes comparait son travail de souffrance dans le 3e couplet à celui du Christ. Ainsi, GB se moquerait-il de F.J. dans cet ultime couplet, répondant sous des accents christiques aux implorations de F.J. ?
[contact auteur : Damien V.] – [compléter cette analyse]
Complément
Dans son recueil L’église habitée de feuilles (1906), que je n’ai pas sous la main, Francis Jammes illustre les Avé Maria (faut vérifier si tous les 150) et les 15 mystères (= moments de la vie de Jésus) de la prière du Rosaire. Ces mystères sont:
Les Mystères joyeux :
Annonciation – Visitation – Nativité – Purification – Jésus retrouvé au Temple.
Les Mystères douloureux :
Agonie – Flagellation – Couronnement d’épines – Portement de croix – Mort du Christ en croix.
Les Mystères glorieux :
Résurrection – Ascension – Pentecôte – Assomption – Couronnement de la Vierge.
En 2002, Jean-Paul II y a ajouté les Mystères lumineux :
Baptême du Seigneur – Noces de Cana – Annonce du Royaume – Transfiguration – Institution de l’Eucharistie.
[contact auteur : Ralf Tauchmann]
01Par le petit garçon qui meurt près de sa mère
02Tandis que des enfants s’amusent au parterre ;
03Et par l’oiseau blessé qui ne sait pas comment
04Son aile tout à coup s’ensanglante et descend
05Par la soif et la faim et le délire ardent:
06Je vous salue, Marie
 
07Par les gosses battus par l’ivrogne qui rentre,
08Par l’âne qui reçoit des coups de pied au ventre
09Et par l’humiliation de l’innocent châtié,
10Par la vierge vendue qu’on a déshabillée,
11Par le fils dont la mère a été insultée:
12Je vous salue, Marie
 
13Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids,
14S’écrie : “mon Dieu ! “, par le malheureux dont les bras
15Ne purent s’appuyer sur une amour humaine
16Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène
Référence à la Passion
Référence à l’Evangile selon Saint Matthieu chapitre 27, verset 32 et l’Evangile selon Saint Marc 15, 21. 
Pendant le Chemin de Croix, les soldats réquisitionnent un homme revenu des champs, Simon de Cyrène, pour porter la Croix du Christ, qui est à bout de forces. Le Fils est une référence à l’expression “Le Fils de l’homme”, par laquelle Jésus se définit lui-même. Le Christ est également le Fils de Dieu.
On connaît le caractère anticlérical de certaines chansons de Brassens, voire franchement sacrilège sur la fin de sa vie, mais cette prière de Jammes est touchante par sa sincérité et par les images qu’elle évoque.
[contact auteur : Alexandre T.] – [compléter cette analyse]
17Par le cheval tombé sous le chariot qu’il traîne:
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18Je vous salue, Marie
 
19Par les quatre horizons qui crucifient le monde,
20Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe,
21Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains,
22Par le malade que l’on opère et qui geint
23Et par le juste mis au rang des assassins:
24Je vous salue, Marie
 
25Par la mère apprenant que son fils est guéri,
Dernier couplet
Ce couplet est la note personnelle de GB. Voilà qu’en un air de musique, GB arrive à détourner l’idée originale du texte de F.J.
F. Jammes, qui cherchait dans la souffrance du monde et celle du Christ une réponse à ses propres tourments, se voit répondre par GB dans ce dernier couplet.
GB prend ici le contrepied de la démarche de FJ : ce dernier pointait la misère du monde, telle qu’a été la souffrance de Jésus. GB quant à lui met en avant le bonheur retrouvé. En signant lui aussi le couplet par un ave maria, GB signifie ainsi que la souffrance n’est qu’une invention divine pour glorifier le message de Dieu. Dieu ne prend que pour mieux redonner, et inversement, il ne donne que pour mieux reprendre. L’étendue de son pouvoir n’est donc que virtuelle, est bonne à duper que les imbéciles.
[contact auteur : Damien V.] – [compléter cette analyse]
Complément
Cette dernière strophe est tirée des Mystères Joyeux de F. Jammes qui, avec les Mystères douleureux et les Mystères glorieux, illustrent les mystères du Rosaire.
[contact auteur : Ralf Tauchmann]
26Par l’oiseau rappelant l’oiseau tombé du nid,
27Par l’herbe qui a soif et recueille l’ondée,
28Par le baiser perdu par l’amour redonné,
29Et par le mendiant retrouvant sa monnaie :
30Je vous salue, Marie

 

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Léo Ferré – L’oppression


Léo Ferré – L’oppression

Tiré du DVD “Sur la scène” (1972/1973 Olympia)

L’oppression

Ces mains bonnes à tout même à tenir des armes
Dans ces rues que les hommes ont tracées pour ton bien
Ces rivages perdus vers lesquels tu t’acharnes
Où tu veux aborder
Et pour t’en empêcher
Les mains de l’oppression

Regarde-la gémir sur la gueule des gens
Avec les yeux fardés d’horaires et de rêves
Regarde-là se taire aux gorges du printemps
Avec les mains trahies par la faim qui se lève

Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour
Et que l’on dit braqués sur les chiffres et la haine
Ces choses “défendues” vers lesquelles tu te traînes
Et qui seront à toi
Lorsque tu fermeras
Les yeux de l’oppression

Regarde-la pointer son sourire indécent
Sur la censure apprise et qui va à la messe
Regarde-la jouir dans ce jouet d’enfant
Et qui tue des fantômes en perdant ta jeunesse

Ces lois qui t’embarrassent au point de les nier
Dans les couloirs glacés de la nuit conseillère
Et l’Amour qui se lève à l’Université
Et qui t’envahira
Lorsque tu casseras
Les lois de l’oppression

Regarde-la flâner dans l’il de tes copains
Sous le couvert joyeux de soleils fraternels
Regarde-la glisser peu à peu dans leurs mains
Qui formerons des poings
Dès qu’ils auront atteint
L’âge de l’oppression

Ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour
Et que l’on dit braqués sur les chiffres et la haine
Ces choses “défendues” vers lesquelles tu te traînes
Et qui seront à toi
Lorsque tu fermeras
Les yeux de l’oppression

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